PARABOLES DU CIEL

 

RECUEIL DE CONTES

 

Les habitants du Ciel sont absolument réels

et les contes sont conformes au contenu profond

de la Révélation chrétienne.

Quoique tout ne soit pas de foi.

 

(Auteur Arnaud DUMOUCH )

 

 

 

 

 

LES CONTES

 

 

 

SOPHIE LA PETITE FILLE MORTE SANS BAPTEME

 

 

 

 

On présentait à Jésus des petits enfants pour qu’il les touchât, mais les disciples les rabrouèrent. Ce que voyant, Jésus se fâcha et leur dit : « Laissez les petits enfants venir à moi ; ne les empêchez pas, car c’est à leurs pareils qu’appartient le Royaume de Dieu.  En vérité je vous le dis : quiconque n’accueille pas le Royaume de Dieu en petit enfant, n’y entrera pas. » Puis il les embrassa et les bénit en leur imposant les mains.

 

 

 

 

Sophie :

Je m’appelle Sophie et j’ai cinq ans aujourd’hui. Vous serez sans doute surpris mais je n’ai pas grandi sur la terre. Pourtant, ce soir, je vais faire ma communion éternelle : Je vais voir Dieu. je suis prête. Mes parents m’ont préparé une robe blanche et des fleurs dans les cheveux. Ils vous expliqueront mon histoire. Attention, seul un cœur d’enfant peut comprendre ce qui s'est passé avec moi.

 

 

Le père de Sophie :

 Oui. Ce que dit notre petite Sophie est vrai. Nous tous qui avons eu la chance de grandir sur la terre, nous avons retrouvé au ciel toute la beauté de notre cœur d’enfant. Voici son histoire.

Elle était la plus petite de toutes les petites filles quand elle est arrivé ici. Ses parents de la terre sont des adolescents qui ont joué avec leurs corps. La toute jeune femme, prise de panique, avala une pilule du lendemain. Sophie avait été conçue deux jours avant. Elle n’avait pas de nom et ses parents ne seront mis au courant de son existence que dans quelques soixante dix ans, lorsqu’ils arriveront ici.

Sophie est entrée en agonie aussitôt. Elle n’a rien senti mais, arrivée dans le passage de la mort, elle a eu un moment de peur, une toute petite peur. Elle s’est trouvée seule dans le vide, flottant entre les deux mondes, sans personne pour la porter et pour l’aimer. Comme les esprits mauvais de ce monde intermédiaire, les Puissances, les Principautés, commençaient à l’approcher, nous aussitôt, nous sommes arrivés. Nous, je veux dire mon épouse et moi, et beaucoup d’autres compagnons. Nous étions mari et femme sur la terre et notre plus grand regret avait été de ne pouvoir avoir d’enfant. Alors il nous a été donné de l’adopter. Je le savais déjà avant mon épouse, car elle est arrivée au ciel après moi. En l’accueillant, ce fut la première chose que je lui ai dit : « Tu vas être mère ! » Oh ! Quel rayonnement dans son âme.

 

La maman de Sophie

"Je ne puis pas penser beaucoup au bonheur qui m’attend au ciel ; une seule attente fait battre mon cœur, c’est l’amour que je recevrai et celui que je pourrai donner : faire baptiser les petits enfants, aider les prêtres, les missionnaires, toute l’Eglise."

Sophie était une grande prématurée. Comme personne ne s’en occupait sur terre, nous avons tout de suite commencé par demander le baptême pour elle. C’est ce jour là que nous sommes devenus ses vrais parents. Et aussitôt, à notre appel, l’Esprit de Dieu est venu vibrer dans son âme, tendrement. Mais il ne s’est pas encore montré face à face à elle. Chaque chose en son temps. Elle doit être préparée pour ce grand jour. C’est juste une vibration très douce dans son âme. L’Esprit la berce dans ses bras et elle aime bien, puisque son cœur est comme un berceau pour lui.

 

 

Nous savons que Lucifer est toujours très furieux de ces baptêmes que nous pratiquons à l’heure de la mort des enfants. Il essaye depuis toujours de rappeler les règles administratives. Il les cite avec une rigueur tout à fait précise :

 

Il y a A ) le choix primordial d’Adam et Eve dont il rappelle (citation) « la validité formelle ».

Il y a aussi B ) la nécessité d’un baptême effectué avec :

1° de l’eau

2° sur terre

3° par l’Eglise militante

 Il n’a évidemment convaincu que quelques habitants de la terre et, parmi eux, des canonistes sourcilleux. Ici comme sur terre, nous ne cessons de contourner ces très amusantes restrictions. De plus en plus d’habitants de la terre le comprennent et pratiquent ces baptêmes de désir, partout dans le monde. Certaines mamans de la terre ont adopté des milliers d’enfants.

 

 

 

L’ange gardien de Sophie :

Ses parents l’ont appelée « Sophie » c’est à dire « sagesse », juste pour vous raconter son histoire. Mais son vrai nom est imprononçable sur terre. Son nom, c’est son âme que les habitants du Ciel viennent visiter en félicitant ses parents. Chacun se penche sur sa petite nature en sommeil et y voit une perle de Dieu. Ici, nous avons des univers entiers, des mondes pleins de merveilles animales et végétales. Mais quand arrive un petit univers nouveau comme Sophie, plus beau que tout, chacun veut le visiter.

 

  

Les parrain et marraine de Sophie :

Depuis cinq ans, nous l’avons élevée selon les principes de Dieu. Et sa psychologie se fortifie. Nous habitons avec elle dans en lieu intermédiaire qui n’est pas la terre ni le Ciel mais le monde des enfants. Cela se passe très différemment de la terre. Notre autorité n’a pas besoin de sanctions car Sophie n’a pas en elle ce foyer de révolte que les enfants reçoivent de Dieu. C’est ce qui fait que notre enfant restera pour toujours innocente, ce qui est dommage. Car les épreuves de la terre enflamment les cœurs pour l’éternité dans une grande soif et d’une grande brisure. Elle n’expérimentera pas la lutte en elle, mais seulement une paisible croissance. Elle joue avec les autre enfants. Et, au fur et à mesure du temps, elle devient de plus en plus proche de poser ses choix de manière autonome. Dès que son intelligence et sa volonté seront prêts, nous la présenterons pour sa communion. Nous lui parlons de Dieu, de son projet, de la révolte de Lucifer, du purgatoire de la terre, des autres purgatoires. Nous lui expliquons ce que Dieu aime le plus : l’humilité et l’amour.

 

 

Sophie :

Je prie beaucoup Dieu avec les compagnons de jeu. Lui, marche au milieu de nous de manière cachée mais nous le sentons tous.

Dans notre séjour, il a placé toutes sortes d’animaux mignons et gentils. Nous pouvons voler avec les oiseaux et on nous laisse une grande liberté. Nous avons tant de souvenirs à raconter. Il y a Nadine, Maria, Sylvie, Dominique, Christian, Arnaud, et tous nos compagnons de jeu. La Vierge Marie vient de temps en temps nous voir. Elle nous parle de Jésus, qui est Dieu et qui est descendu chercher les enfants des limbes, juste après sa Passion, pour les faire entrer dans la Gloire de Dieu.

Maman m’a raconté mon histoire, l’avortement et tout cela. Quand Maman de la terre arrivera, je viendrai l’accueillir. Je sais dans quelle épreuve elle est : on m’a raconté comment la terre est un purgatoire terrible, où Dieu se cache à tel point que certains pensent qu’il n’existe pas. Parfois, maman du Ciel va accueillir ceux qui arrivent de la terre et à chaque fois, elle me raconte les mêmes choses : c’est comme une naissance pour eux, comme s'ils n’avaient jamais osé espérer une telle beauté qu’ils désiraient dans leur cœur. Quand Maman de la terre arrivera, il faudra que je l’adopte à mon tour. Car elle se fera de grands reproches. Elle s’en voudra beaucoup. Il faudra que je lui démontre que Dieu sait tout transformer en lumière. J’en ferai une maman qui adoptera elle aussi des petits enfants de la terre qui n’ont pas de maman. Et … autre chose qui tourne dans ma petite tête pour le jour de ma communion : ma marraine m’a raconté que les gens du ciel veulent passer leur temps à faire du bien sur la terre. Pourquoi ne m’en donnera-t-il pas la possibilité à moi aussi, quand je serai au Ciel ? J’irai donc recueillir les âmes de tous ces petits qui meurent seuls pour qu’ils n’aient même pas un petit bout de peur dans leur traversée de la mort.

 

 

Avogadro-Ampère :

Je suis Avogadro-Ampère, l’un des puissants et solennels démons de l’enfer. Je viens de lire l’histoire ci-dessus : puéril. A pleurer. Y a-t-il un théologien rationnel pour démonter ce tissu d’inepties ? Je suis chargé de conduire les innocents dans mon paradis de lumière. C’est moi qui vient m’opposer à eux le jour de leur communion. Et j’en aurai un, un jour. J’en suis certain. Ils sont de plus en plus nombreux à arriver ici, abandonnés par leurs parents. Bon, je l’admets, pour le moment, je n’en ai pas eu un seul. Mais ce soir, il y a cette Sophie. J’ai bon espoir.

 

 

L’ange gardien de Sophie :

Je vais vous raconter la fête du couronnement de Sophie. C’était unique. Du jamais vu de mémoire d’ange. C’est la même émotion que celle des cérémonies de mariage pour vous.

Sophie est arrivée comme une jeune fille, belle dans la robe de mariée que lui avait préparée ses parents et amis : un robe spirituelle faite d’humilité, d’amour et de toutes sortes de vertus qui faisait de son âme une perle unique de l’univers.

Tout à commencé par sa profession de foi. Avogadro-Ampère est apparu, digne et noble dans sa lumière, sous forme d’un corps sensible. Et Sophie a bien dû le regarder. Pauvre Avogadro-Ampère, comme il se débattait pour lui présenter ses colifichets : noblesse, liberté, pouvoir, dignité, indépendance. Evidemment, cela a eu autant d’effet sur Sophie qu’une équation de mathématiques en a sur une colombe. Sophie cherchait son Jésus. Jamais, elle ne l’avait vu de ses yeux et c’est lui qu’elle voulait voir.

Jésus est arrivé, doux et humble, lumineux dans son corps de gloire. Jamais Sophie n’avait vu tant de merveille. Elle s’est tournée vers ses parents et leur a dit : « Il a dépassé toutes mes espérances.» Et elle a couru vers lui. Le Ciel entier a chanté sa joie lorsqu’il l’ introduit dans la Trinité. Nous reprenions en cœur le cantique :

 

 

 Qu’il m’embrasse des baisers de sa bouche.
 Ton amour est plus délicieux que le vin ;
 L’arôme de tes parfums est exquis ;
 Ton nom est une huile qui s’épanche.
 C’est pourquoi les jeunes filles t’aiment.
 Entraîne - moi sur tes pas, courons !
 Le roi m’a introduite dans ses appartements ;
 Tu seras notre joie notre allégresse.
 Nous célèbrerons tes amours plus que le vin ;
 Comme on a raison de t’aimer !

 

 

 

 

 

 

 J’AI ADOPTE MA MERE

 

Isaïe 49, 14

Elle avait dit : « Dieu m’a abandonnée, le Seigneur m’a oubliée. » Une femme oublie-t-elle son petit enfant, est-elle sans pitié pour le fils de ses entrailles ? Même si les femmes oubliaient, moi je ne t’oublierai pas. Vois, je t’ai gravée dans les paumes de mes mains, tes remparts sont devant moi sans cesse.

 

Avortement

Suzanne Dagnelet n’avait pas subi un viol. Elle n’avait pas 16 ans. Elle n’avait pas été victime d’inceste. Elle était mariée et mère de deux petits, un garçon et une fille. Elle avait décidé que c’était suffisant. Elle avait de bonnes raisons : « élever un enfant coûte cher, en temps principalement. Les activités d’éveil doivent être nombreuses. Et une vie moderne ne saurait être l’esclavage de jadis ».

Elle était tombée enceinte par accident. Elle avait alors pris la décision qu’il fallait, d’un commun accord avec son mari. L’avortement avait été précoce, uniquement par méthode médicamenteuse. Elle n’en avait subi qu’un léger trouble et la vie avait continué.

Elle avait bien élevé ses enfants. Chaque hiver, ils étaient allés au ski, ils avaient reçu des cours de danse pour la fille, du judo et du piano pour le garçon.

 

Vision

Le temps ayant passé, sa fille avait atteint l’âge de 25 ans. Elle s’était mise en ménage. Adepte de la moto, elle partait souvent avec ses amis pour faire de grands périples dans toute l’Europe. A l’entrée d’un virage, vers Châlon-sur-Saône, elle vit un camion prendre son virage trop large et se déporter sur sa voie. Elle sut qu’elle ne l’éviterait pas. A partir de ce moment, les secondes semblèrent se figer. Le camion se rapprocha comme dans le ralenti d’un film, lentement. Ce n’était qu’une impression. Le choc fut extrêmement violent. Elle se réveilla en l’air, flottant au-dessus de son accident, et elle vit son corps, dans son blouson de cuir, tournoyer avant de retomber lourdement dans un fossé. Elle vit ensuite ses amis arrêter leurs motos et se précipiter vers l’endroit où elle était tombée. Elle entendit toutes leurs paroles, nota tous leurs gestes, tandis qu’une grande tranquillité l’avait envahie. Ensuite, elle quitta ce monde en franchissant une porte de lumière. Là, elle fut ravie jusqu’au Paradis, jusqu’au troisième ciel, et elle entendit des paroles ineffables, qu’il n’est pas permis à un homme de redire. Etait-ce dans son corps ? Elle ne le sut pas ; était –ce hors de son corps ? Elle ne put le préciser lors de son retour à la vie terrestre (1) ; « Dieu le sait », disait-elle. C’est qu’elle voyait et elle entendait, comme lorsqu’on est dans un corps, et pourtant son corps était resté sur terre, brisé et en état de mort clinique. Dans ce ciel, elle vît un Être magnifique, lumineux et plein d’amour. Il envahit tous les méandres de son âme, de sa compréhension et de sa vérité. Puis lui apparut une fillette d’environ cinq ans. Elle était vêtue d’une jolie robe bleue, et ses cheveux bruns étaient coiffés avec de nombreuses barrettes multicolores.

« Je suis ta sœur », lui dit-elle. »

« Ma sœur ? Mais je n’ai pas de sœur … »

« Demande à nos parents quand tu reviendras. Ils t’expliqueront. »

Puis elle se réveilla. Elle habitait de nouveau dans son corps, dans les douleurs physiques et couverte de tubes, à l’hôpital. Plus tard, quand sa santé s’améliora, elle demanda à ses amis si elle était bien tombée dans le fossé, où elle était restée, couchée en chien de fusil. Ils confrontèrent tous les détails de leur description des suites de l’accident, tout étonnés de la confirmation expérimentale de ces Expériences de Mort Imminente dont on parlait de plus en plus.

 

Angoisse

Ce n’est que huit jours après le terrible accident que les parents angoissés purent enfin parler à leur fille. Il ne leur fut laissé que peu de temps. Mais elle leur raconta aussitôt la vision de cette petite fille si intriguante rencontrée lors de son voyage. « Elle m’a dit que son nom était Sophie », leur précisa-t-elle. Les parents ne savaient quoi répondre. Suzanne était bouche bée devant ce récit. Finalement, son père prit la parole et confirma, en disant : « Après votre naissance, ta mère a fait une fausse-couche. Nous ne t’en avions jamais parlé, ni à toi ni à ton frère ». A ce récit, leur fille s’illumina et dit : « Il y a une vie après la mort. J’ai tout vu et tout est aujourd’hui confirmé. » A partir de ce jour, leur fille devint croyante. Elle n’eut plus peur de la mort, sachant tout l’amour qui l’attendait là-haut. Elle devint plus joyeuse et plus heureuse de vivre. Elle épousa son ami et Suzanne devint bientôt grand-mère.

Quant à Suzanne justement, sa fille ne vit pas que ce jour- là, par sa joie, elle avait semé la graine d’un arbre étrange dans sa vie. Personne ne s’étonna de son silence, de son manque de curiosité. Elle n’aborda pas davantage le sujet de sa fausse-couche, ni de « Sophie », pas même avec son mari. Personne ne vit rien à redire, tant on sait le genre d’épreuve que représente un tel accident dans le cœur d’une femme. En réalité, à partir de ce jour, Suzanne entra dans l’angoisse, tel était le nom de cet arbre. Et le cœur des femmes peut contenir beaucoup de secrets.

Le reste de la vie de Suzanne passa rapidement. Dans les semaines qui précédèrent sa mort, elle fut hospitalisée. Les infirmières racontèrent à ses petits enfants qui venaient la voir qu’elle criait la nuit dans son sommeil, que c’était pénible pour les autres malades, et qu’on avait dû l’isoler.

Suzanne vivait à une époque et dans un pays où il n’y avait pas de prêtres. Elle dut donc affronter seule son passage, lorsque « le fil d’argent de la vie se casse, que la coupe d’or de son corps se brise, que la jarre se rompt à la fontaine, que la poulie cède au puits ». (2)

 

Rédemption

Suzanne s’était depuis longtemps préparée à ce moment. Depuis le récit de sa fille, elle avait perdu tout goût à la vie. Elle avait donc joué un rôle, celui de grand-mère épanouie, alors que son cœur s’était arrêté de battre au-dedans d’elle. Elle avait mûri longuement ce qu’elle ferait. Elle avait décidé que jamais, jamais elle n’affronterait sa fille, cette petite Sophie ( qui avait pu lui donner ce prénom ?) dont elle avait tué la vie, dans son immaturité de jeunesse. Elle avait décidé de disparaître après sa mort, et de mourir quand même. Elle était bien décidée à fuir dans un tombeau inconnu de tous et de s’y enfermer, oubliée de tous. Il ne pouvait être question de pardon pour elle.

Et c’est ce qu'elle fit. Aussitôt sortie de son corps, elle utilisa les pouvoirs de son nouvel état. Elle s’imagina au centre de la terre, et aussitôt elle s’y retrouva. Elle se roula en boule dans ce cœur de métal en fusion et ne bougea plus. Ensuite elle appela la mort et dit : « Mieux vaut pour moi mourir que vivre ».(3)

Or, sa prière fut agréée devant la Gloire de Dieu, et c’est l’Archange Raphaël qui la porta devant lui. Cet ange voulait enlever les taches devant ses yeux, pour qu’elle voit de ses yeux la lumière de Dieu ; et il voulait la donner en épouse à Dieu, la dégager de cette angoisse mensongère, le pire des démons (4), celle qui fait croire qu’il existe un péché que Dieu ne veut pas pardonner. Le conseil du Ciel se réunit et on trouva légitime d’envoyer sa fille Sophie pour la guérir.

Or, tandis qu’elle était dans l’enfer qu’elle s’était choisie pour se punir, une main la toucha.

 « Suzanne, tu dors ?

- Je ne veux voir personne, laissez-moi ».

Et Suzanne se recroquevilla un peu plus.

- « Tu dormiras comme cela pour toujours ?

- Oui pour toujours. S’il vous plaît. Allez-vous en.

- D’accord, mais pas avant que tu ne m’aies regardée.

- Si c’est tout ce qu’on me demande, je le ferai. Mais, après, on me laissera toute seule ?

- C’est tout ce qu’on vous demandera. »

Alors Suzanne consentit à ouvrir les yeux et à regarder. Ce qu’elle vit devant elle ressemblait à un ange, comme une vision de jaspe et de cornaline. C’était une jeune fille qui la regardait, entièrement vêtue de lumière et pourtant nue comme un écrin d’âme. C’était une vision unique, plus forte que ce qu’on voit, où la grâce d’un corps, la douceur d’un sourire révèle une âme cristalline.

« Je suis venue pour t’adopter. Si tu le veux. Nous pourrons vivre ensemble tout ce qu’on a pas vécu.

- Qui es-tu ?

- Je suis Sophie.

- Mais je ne suis pas ta mère. Je n’ai même pas enterré ton petit corps lorsqu’il est sorti. Ce n’est même pas moi qui t’ai donné un prénom ».

 

 

Suzanne ne résista pas au torrent de larmes qui l’envahit. Et quand sa fille l’entraîna hors de son antre, elle ne protesta même pas.

- « Je voulais rester ici à jamais.

- Tu n’y es restée que dix minutes. C’est le temps qu’il a fallu pour que je te trouve. Il était impossible que tu ailles en enfer. Pourtant tu avais bien mûri ton plan. Tu aurais dû mieux te renseigner : lorsqu’on se repend de ses fautes et qu’on regrette de n’avoir pas aimé, on ne va pas en enfer. C’est juste l’inverse.

- Mais je t’ai tuée, toi ma fille.

- Et Dieu m’a ressuscitée.

- Mais je t’ai privée de ta vie terrestre ?

-Je n’ai pas pu aimer jusque dans le désespoir, comme toi. Mais Dieu sait tout. Je contemple l’âme de tous ceux qui viennent de la grande épreuve (5). Il y a pour moi autant de joie à contempler la grande lumière des étoiles qu’à en être une.

-Et ta mère ? Tu as bien une mère ici ?

- J’ai maintenant mille mères : « Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux Cieux, celui-là m’est un frère et une sœur et une mère ». Et parmi toutes ces mères, une a demandé pour moi le baptême et m’a élevée ;il me manquait juste toi, qui refusait encore d’être ma mère. Alors aujourd’hui, je t’ai adoptée pour toujours.

Alors, la tenant par la main, Sophie entraîna sa mère vers Jésus et la lui présenta.

 

 

Jean 8, 10

Alors se redressant, Jésus lui dit : « Femme, où sont-ils ? personne ne t’a condamnée ? » Elle dit « Personne Seigneur. « Alors Jésus dit : »Moi non plus je ne te condamne pas. Va, désormais tu ne pècheras plus jamais ».

 

Suzanne Clairac, La femme adultère

 

 

(1)   Ecclésiaste 12, 6

(2)   Jonas 4, 8

(3)   Tobie 3,16

(4)   Apocalypse 7, 14

(5)   Matthieu 12, 50

 

 

 

 

 


Luc 4, 10 Car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, afin qu’ils te gardent. Et encore : Sur leurs mains, ils te porteront, de peur que tu ne heurtes du pied quelque pierre.

 

Lorsqu’elle était à l’école du Ciel, Sophie reçut des leçons de catéchisme. Et l’une des plus belles fut celle que lui fit son ange gardien. La voici, traduite en mots, elle qui fut faite de connaissances directes, car au Ciel on a pas à faire effort pour trouver les mots qui disent exactement ce qu’on veut.

 

- Raconte-moi ton histoire, Petitange, demanda Sophie.

Son Ange était à coté d’elle, sous la forme sensible d’un homme lumineux et plein d’autorité. Parfois les anges se façonnent un corps pour être mieux adaptés aux humains. Mais ils n’en ont pas, ils sont des esprits.

- Es-tu prête Sophie ? Il faut que tu saches d’abord que tout ce que je te raconte comme une longue histoire s’est passé comme en sept jours, sept instants. Je les appelle des jours pour toi : un jour, c’est comme un long temps qui donne la lumière. Mais je n’ai pas de corps. Aussi un jour dure, pour moi, comme le temps de l’éclair.

- Petitange, j’essayerai de comprendre. Mais c’est à toi de t’adapter à moi.

 

Premier jour, premier instant

- Je ne suis pas né, comme toi, petit bébé dans le ventre de ta mère. Je suis apparu comme l’éclair. Avant je n’étais pas. Après j’étais. C’est tout.

- Et qu’as-tu fais pendant ce premier jour ?

- Qu’aurais-tu fait, toi ?

- Rien. Je n’étais pas consciente. Je dormais.

- Moi, j’étais lucide et entièrement adulte, dès le premier instant. Alors je me suis découvert. J’ai regardé mon être et j’y ai vu tant de lumière, de volonté de puissance que j’en ai été surpris. J’avais reçu une intelligence déjà formée, remplie de la connaissance de choses qui n’existaient pas encore. Mon nom était « Noblange ». J’en ai changé quand j’ai vu Dieu. J’ai choisi « petitange ».

- Tu n’es donc pas allé à l’école comme moi ?

- Tout m’avait été donné. C’était immense. J’y ai même vu l’avenir : des univers différents, matériels, spirituels, fonctionnant selon toutes sortes de lois. Et j’ai compris que j’aurais moi-même à contribuer à leur conception.

-Et as-tu su d’où tu venais ?

 

Deuxième jour, deuxième instant

Ce fut mon deuxième acte, ma deuxième pensée. J’ai reconnu Dieu comme mon créateur et je l’ai remercié.

- Comment as-tu su qu’il était là ? Tu le voyais déjà ?

-Non, il était caché, mais bien présent. Mais quand bien même il n’aurait pas été présent invisiblement, je l’aurais reconnu. Car je ne suis pas mon créateur, n’est-ce pas ? Alors il était facile de remonter à lui. Lorsqu’on trouve un magnifique cadeau, on sait qu’il vient de quelqu’un …

- Et sa présence, c’était comment ?

- C’était une puissante certitude dans mon intelligence qu’un Esprit Saint invisible était autour de moi et en moi. J’ai cru sans effort, comme à une évidence.

 

Troisième jour, troisième instant

- Et c’est tout ?

- Oui. Nous les anges n’avons pas de vie sentimentale, pas d’émotion. Nous sommes des personnes qui vivons de faits. Une fois les choses comprises, elles sont admises pour toujours. – Si tu n’étais pas devant moi, je dirais bien que ton histoire, Petitange, est bien drôle. Tu es ce que tu es du moment que Dieu t’a crée. Un point c’est tout.

- C’est presque tout mais ce n’est pas tout à fait tout. Attends un peu la suite de l’histoire.

- Alors qu’as-tu fait ensuite ?

- Sans quitter le remerciement pour Dieu, j’ai regardé avec mon intelligence (je n’ai pas d’œil sensible comme toi) autour de moi. Et j’y ai vu d’autres merveilles. Il y avait d’abord plusieurs sphères en extension, faites de matière. Elles venaient juste d’apparaître, en même temps que moi. Parmi elles, il y avait l’ univers dont tu viens, dans ses premiers instants, sans galaxie ni terre.

Et il y avait surtout des anges. Des millions d’anges, tous uniques et différents. Chacun était un univers de connaissance et de puissance. Alors j’ai commencé à les contempler, un à un. Et eux m’ont contemplé. On procède comme cela : on se rencontre, on se montre l’un à l’autre. On se comprend. On se quitte. Je ne peux pas te raconter ce que j’ai vu. Mais ton éternité ne suffira pas pour que tu fasses le tour de ces créatures de Dieu. Tu verras, c’est un voyage de joie intellectuelle. Chaque ange est aussi riche qu’une galaxie en million de facettes, de soleils, de mondes. Les anges sont vraiment les chefs d’œuvres de Dieu.

- Et nous, les humains, sommes- nous des chefs d’œuvres de Dieu ?

- Pas en perfections naturelles, Sophie. Mais en quelque chose de plus grand encore. Je te raconterai tout à l’heure. Parmi les anges, à force de nous connaître, il est apparu que sept d’entre nous étaient plus lumineux, plus riches, plus intelligents que tous. Et, au dessus de ces sept chérubins, il y en avait un qui, comme le soleil face à sept lunes, les éclipsait. Tous, nous l’avons constaté. Et tous, dans la joie, nous nous sommes tournés vers lui pour lui reconnaître son rôle de chef.

C’était un merveilleux Prince. Il comblait notre intelligence par la simplicité de ses vues. Il comprenait parfaitement les désirs de Dieu. Tous, en le voyant, nous comprenions quelque chose de la puissance du Dieu invisible. Nous tremblions ; et comme la terre, nous chancelions.

- Comment s’appelle-t-il ?

- Il s’appelle « Porte-Lumière ». Tu le connaîtras un jour. Tu seras étonné d’une telle grandeur. « Porte-Lumière » s’est mis à parler avec simplicité. Il nous a dit :

« Notre mission est grande. Pour Dieu, le Seigneur tout puissant qui règne au-dessus de nous, nous allons organiser l’univers. Il veut créer des milliards et des milliards d’autres êtres, de toutes les espèces possibles. Et c’est de cette manière que toute sa gloire sera manifestée. Il sera grand l’univers du Tout Puissant. Il sera comme une échelle de tout ce qui peut exister. Au sommet, il y a Dieu qui règne et les peuples qui tremblent ; Il siège sur les Chérubins, la terre chancelle ; à la base, il y aura des mondes purement minéraux, nombreux et divers. Ce sera le travail des physiciens et astronomes. Et ces mondes seront peuplés de plantes, d’animaux, d’hommes qui seront des animaux dotés d’esprit, de djinns et de millions d’espèces de créatures matérielles et spirituelles. Que les biologistes se mettent au travail. Tout ce monde ordonné sera une merveille ».

 

 

La hiérarchie des créatures connues

Anges (esprits purs)

Djinns (dans l’Islam) (esprit+psychisme)

 Hommes (esprit+psychisme+physique)

 Animaux (psychisme+physique)

 Plantes (physique)

 Minéraux

 

 

Nous étions enthousiastes. Alors nous, les purs esprits, nous nous sommes organisés pour nous mettre au travail. Nous avons établi entre nous une hiérarchie en suivant les dons de la nature.

 

Son Vicaire, « Porte-Lumière »

 Ses Ministres : Chérubins, Séraphins, Trônes

 Ses ingénieurs et techniciens :Dominations, Vertus, Puissances

 Ses préfets et ses agents de terrain : Principautés, Archanges, Ange

 

Les Chérubins (Lumière-brillante), les Séraphins (feu d’Amour) et les Trônes (siège de la Puissance) devinrent naturellement les ministres du Vicaire de Dieu, « Porte-Lumière ». Ils allaient à son conseil et recevaient ses connaissances. Ils étaient si proches de Dieu qu’ils recevaient directement ses volontés. Ils étaient chargés d’organiser les tâches, comme le font les ministres des gouvernements humains.

Au- dessous d’eux, ils établirent des ingénieurs et des techniciens (les Dominations, les Vertus et les Puissances ) qui devaient appliquer dans le concret les intentions générales de Dieu communiquées par « Porte – Lumière ». L’Ordre des Puissances a ordonné les lois physiques des différents univers. L’Ordre des vertus fut à l’origine des milliards d’espèces animales.

Quant à nous, Princes, Archanges et Anges, nous nous préparions à être chargés du concret, sur le terrain : veiller sur les planètes, sur les espèces animales, puis quand ils viendraient, sur les petits d’hommes.

- C’est magnifique. C’est un grand projet.

- C’est un univers immense et si tu pouvais compter le nombre d’espèces animales qui ont existées depuis le début de l’univers, tu ne compterais pas encore le nombre de créatures spirituelles qui loueront Dieu pour l’éternité.

- Je comprends bien, maintenant, le projet de Dieu.

- Non Sophie. Tu ne comprends pas du tout. Je ne te dis pas encore tout. Ce n’est qu’une partie du secret.

- Alors vous avez commencé à travailler ?

- Nous étions près. Mais il s’est produit quelque chose que nous n’attendions pas. D’une certaine façon, nous aussi, les anges, il nous fallait grandir.

- Ah, oui, ? C’est vrai ? Oh, je t’aime encore Petitange : toi aussi tu as dû grandir.

 

Quatrième jour, quatrième instant

- Dieu a parlé, Sophie. C’était pour dire quelque chose de tellement nouveau qu’il n’est pas passé par « Porte-Lumière » mais il s’est adressé à chacun de nous personnellement.

Il a dit trois paroles. Il ne s’agit pas de paroles faites de mots articulés, mais d’un souffle, à la manière d’un éclair lumineux.

« Petitange, je t’ai créée pour que tu me vois face à face, ce seront des noces de Lumière. Mais Petitange, je suis humilité et amour. Nul ne peut me comprendre sans devenir comme moi. Par amour pour moi, veux-tu devenir tout humble, jusqu’à la folie ? Acceptes-tu de devenir pour l’homme et la femme que je vais créer un gardien, un guide spirituel ? Tu les aideras à venir m’épouser. »

-Oh ! C’est bien. Comme vous avez dû être contents. Voir Dieu face à face, l’aimer c’est immense.

-Oui, Sophie. C’est très bien. Et du haut en bas des hiérarchies angéliques, TOUS les anges sans exception se sont réjoui que Dieu propose de se montrer face à face.

Tu comprends, pour nous intellectuels, voir Dieu, c’est la Cause première de toutes les choses. Nous savions que, logiquement, une telle chose est impossible, de même qu’il est impossible de mettre toute l’eau de mer dans un verre. Pourtant, nous y avons cru parce que rien n’est impossible à Dieu.

 

Cinquième jour, cinquième instant

- Tu as l’air bizarre, Petitange. Tu ne me cacherais pas quelque chose ?

- Ca ne s’est pas bien passé pour tous, Sophie. Il est temps, tu es assez grande, que je te parle du mal.

- Que s’est-il passé ?

- C’est l’humilité qui a été un problème. Dieu ne peut pas être humble, Sophie. C’est logiquement « théo » logiquement impossible. Il est le Tout Puissant, l’Acte pur est sans limite. Il n’y a rien en lui qui peut signifier l’abaissement.

- Mais s’il l’a dit, c’est que ça doit être vrai.

-C’est vrai. Infiniment vrai. Je le sais. Je le vois en ce moment. Dieu, il est trois personnes qui ne vivent qu’en extase l’une vers l’autre. Le Père n’a que le Fils dans sa vie, il n’existe que par et pour lui. C’est inexplicable encore pour toi. Il y a vraiment de l’humilité en Dieu.

- Mais si Dieu est comme cela, vous l’avez accepté tel qu’il est n’est-ce pas ?

- Moi, oui. Mais pas nous tous … et puis il y avait l’épreuve concrète que Dieu avait mis sur notre chemin.

- L’épreuve ?

-L’épreuve, c’est toi, ma Sophie … Toi et tes frères et sœurs. Nous jusqu’ici, nous avions dans l’idée que Dieu allait créer un monde hiérarchisé selon la perfection de chacun, perfection en noblesse et intelligence. Nous pensions que les petits d’hommes seraient à leur place, au-dessus des anges. Eh bien, nous avons compris ce jour-là que nous nous trompions complètement. Ce que Dieu voulait, c’était une hiérarchie où le premier serait le plus humble.

-Mais je suis beaucoup plus petite que toi, Petitange.

-Tu as tout compris, Sophie. L’épreuve que nous donnait Dieu consistait à élever toutes les petites filles comme toi qui, parce qu’elles étaient petites, seraient pour l’éternité nos reines.

- Ecoute, Petitange, ce que tu dis est la vérité même car Maman Marie m’appelle « Sophie, ma petite reine » et moi tout de suite je lui réponds : « Maman Marie, Reine de tout le Ciel ». Elle fait son plus beau sourire et dit « Oui, ma petite reine » et on continue en rigolant comme çà.

 

 

 

Sixième jour, sixième instant

- Vois-tu, Sophie, c’est bien comme ça, le projet de Dieu. Et c’est surtout vers les petites filles, plus que les petits garçons, qui furent une épreuve pour nous.

- Pourquoi ?

- Tu te rappelles que je t’ai dit que nous avions reçu, dès notre création, les schémas généraux de ce que Dieu voulait faire. Nous savions les différences corporelles et psychologiques des filles et des garçons. Or, ce sont les filles qui, par tout leur être, sont le plus disposées à l’humilité et à l’amour. Je ne te dis pas que toutes sont humbles et aimantes : mais tout leur être est fait pour donner la vie, pour la porter, pour mourir s’il le faut pour l’enfant. Elles sont physiquement moins fortes, mais portées au pouvoir qui se voit que les garçons. Bref, nous avons tous compris ce que cela voulait dire : un jour, l’une d’entre vous et sans doute des millions d’entre vous prendraient nos places de ministres, d’ingénieurs, de gardiens

- Oh ! mais je ne prendrai jamais ta place, Petitange, ni Marie notre Reine. Je travaillerai plus tard avec toi. Nous aiderons ensemble d’autres enfants.

- Je le sais bien, ma Sophie. Je l’ai tout de suite compris. Mais pas « Porte- Lumière ».

- Porte-Lumière ? Qu’a-t-il fait ?

- Il s’est révolté. Et c’est grandiose, la révolte d’un ange. Il a dit calmement et en s’adressant à nous tous : « Je ne servirai pas ». Et ses arguments étaient puissants. Cela ressemble à un glaive précis et logique, qui tranche et ne revient pas en arrière :

« 1° Moi Lucifer (c’est le nom latin de Porte-Lumière), je me lève aujourd’hui à cause de mon respect pour mon créateur infini, Tout Puissant, lumière de l’univers.

2° En effet, il ne saurait être question qu’il s’abaisse ainsi. L’ordre de Sa création sera celui de la noblesse et de la dignité. Ce qui est méprisable ne saurait régner.

3° En conséquence, je prends la tête de ceux qui veulent la Gloire de Dieu. »

- Mais c’est idiot. Il ne peut pas dire qu’il sert Dieu alors qu’il est en train de se révolter ? Il a dû revenir en arrière. Il venait d’être créé. Il ne pouvait ainsi se révolter contre son Père ?

- Sophie, un ange n’est pas comme un homme. Quand il parle, il ne change pas. Il est trop intelligent pour se tromper et revenir en arrière. Il a tout pesé et soupesé.

- Alors c’est terrible. Il est donc toujours révolté. Et c’est votre chef ?

- Et il n’a pas été le seul. Un tiers d’entre nous l’ont suivi. Leur combat est sans espoir. Moi je le vois bien. Je vois Dieu face à face. Ils ne soupçonnent pas à quel point c’est vrai : l’humilité du Père qui engendre le Fils, du Père et du Fils qui s’unissent dans le Saint Esprit. Dieu ne peut changer, même si l’univers entier se révoltait. Tu sais, il est allé jusqu’à se faire homme, se faire tuer par des gens qu’il a ensuite sauvés…

Septième jour, septième instant

-Il a fait cela ? Tu me raconteras un jour, n’est-ce pas ?

- Oui, il faudra que tu saches.

Il y eut un long silence. Sophie réfléchissait.

- Et ensuite que s’est-il passé ?

- L’un d’entre nous, des hiérarchies les moins nobles, un simple Archange, a parlé le premier. C’est encore une parole d’ange, comme un glaive : « O, Lucifer ! tu te révoltes pour l’honneur de ton Dieu, dis-tu. Mais la vraie raison de ton combat, c’est ta place de chef. Qui est comme Dieu pour que tu parles à sa place ? »

- Lucifer n’a pas dû aimer ?

- Non Sophie. Cela l’a renversé. Et il s’est enfui aussitôt. Non seulement c’était vrai mais cela venait, suprême humiliation, d’un petit ange inintelligent devant lui. Jamais cela n’aurait dû arriver. Tu te rappelles, les hiérarchies de la noblesse, les anges inférieurs et supérieurs … Alors Lucifer a fui avec ses troupes. Ils ont laissé d’immenses vides dans nos rangs.

- Et que fait Lucifer maintenant ?

- Lucifer est toujours le plus beau d’entre nous. Et il n’a cessé de rien comprendre. A chaque fois, il s’est fait piégé sur l’humilité. Et pourtant il croit combattre le projet de Dieu.

C’est lui qui a séduit tes premiers parents. Adam et Eve, pensant les entraîner dans sa révolte contre Dieu. Résultat, il les a soumis à la souffrance et, sans le vouloir, les a rendus humbles jusqu’à la mort. Sa dernière erreur, c’est quand il a tué le Christ. Il savait bien qu’il était le Messie, l’envoyé de Dieu, mais pouvait-il comprendre qu’il était Dieu lui-même ? S’il avait su … Il voulait juste prouver à Dieu que l’humanité est pitoyable et méprisait son Envoyé. Il ne comprend pas encore comment il peut se faire que Celui qu’il a tué sauve ceux qui l’ont tué en leur proposant son pardon. Ce n’est pas logique pour lui. C’est la logique de Dieu. En ce moment, il est en train de révolter les habitants de la terre contre Dieu. Et il y arrivera. Tu verras qu’un jour la terre entière croira en lui et l’adorera comme Dieu.

Surtout s’il s’en prend à ceux qui essayent de comprendre la logique des plans de Dieu. Il y en a eu de très bons et il y en a encore. Mais il y en a d’autres qui se laissent un peu influencer par la logique de Porte – Lumière et qui se fâchent quand on leur dit que Dieu est humble. Ils enragent et disent que c’est théologiquement impossible.

- Mais il va éloigner tous les hommes de Dieu ?

- Il ne comprend pas. Si Dieu le laisse faire, c’est à cause d’un dernier grand salut qu’il prépare. Cela va être grandiose, je veux dire en humilité et en amour, réconciliation, pardon. Chut… Le Christ prépare son apparition.

Et alors Sophie chanta ce refrain :

 

 

 « Comment es-tu tombé du Ciel, étoile du matin, fils de l’aurore ?

 Comment a-tu été jeté sur terre, vainqueur des nations ?

 Toi qui avais dit en ton cœur : j’escaladerai les Cieux,

 Au-dessus des étoiles de Dieu j’élèverai mon trône.

 J’égalerai le Très Haut »

 

 

 

- Maintenant tu fais de la poésie Sophie ?

- C’est parce que cela me fait réfléchir … Et toi, Petitange, qu’est-ce que tu as dis ?

- J’ai parlé comme Michaël. J’ai dit à Dieu : « Moi, je te suivrai partout où tu iras. Tu m’as donné l’être, la connaissance. Tout ce que tu décideras, je le ferai. Et j’obéirai à tous les Princes ou Princesses que tu me donneras, quels qu’ils soient » et je l’ai glorifié pour son projet. Et les deux tiers des nôtres ont crié comme moi : « Qui est comme Dieu ? »

Alors aussitôt, il y a eu une grande Lumière pour nous, comme une main de tendresse qui a caressé nos esprits. Et j’ai vu mon Dieu, face à face. Je ne peux rien t’en dire. Il n’y a pas de mot ….


 

 

 

 

 

 GERMAINE QUI ENTRA AU CIEL COMME L’ECLAIR


 Matthieu 19, 30

« Beaucoup de premiers seront derniers,
et des derniers seront premiers ».

 

 

1594, 17 ans

Il était une fois, dans un village du Sud Ouest de la France, une jeune fille que personne ne remarquait jamais. Sa chevelure n’était pas dorée et ses yeux n’étaient pas aussi verts et profonds que la forêt. Son corps était maigre et malade et sa main droite était atrophiée. Elle avait bien eu une maman mais, dès l’âge de trois ans, elle l’avait perdue. Son père se désintéressa d’elle. Elle vécut alors silencieusement et on oublia presque son existence. Un peu plus tard, son père se remaria. Sa belle-mère la prit en grippe et exigea qu’elle ne resta pas inutile. C’est ainsi qu’elle se trouva bergère dans la journée et servante le soir. Bientôt, alors qu’elle n’avait que 9 ans, naquirent des demis-sœurs. Elle devenait alors gênante et on l’exila dans la maison commune. On lui réserva pour dormir la soupente de l’escalier de l’étable. On lui mit des sarments comme matelas et on lui donna le minimum de nourriture. Il lui fut défendu d’adresser la parole à ses sœurs. Alors Germaine, c’était son prénom, passa son temps avec les bêtes, aux champs ou a l’étable.

Le curé du village remarquait tous les matins, discrète comme un souffle, cette jeune fille qui se glissait à la messe, l’écoutait pieusement, et ne communiait jamais. Sitôt le « Ite Missa est »,elle disparaissait. Elle retournait à son troupeau qui, laissé seul aux champs, ne causait jamais de dégâts chez les voisins, restant dans les limites qu’elle marquait avant de partir.

Le curé se disait qu’il lui faudrait un jour la rattraper et lui proposer d’assister au catéchisme. Mais il n’en trouvait jamais le temps. Alors Germaine apprit à connaître Dieu en écoutant les sermons du dimanche. Ne sachant pas lire, elle récitait son chapelet. Elle choisit Marie pour Mère et se mit à parler avec Dieu. Elle était bonne avec eux.

 

1597, 20 ans

 

Dans le champ où elle gardait ses moutons, son ange gardien veillait sur elle. Ce n’était pas un ange habituel. Dieu avait posté auprès d’elle un des sept Séraphins, comme on le fait une fois chaque génération. C’est que Lucifer lui-même avait réclamé son âme. Lors d’un conseil céleste, il s’était levé en criant : « J’exige un pouvoir plus grand sur Germaine. Je ne peux me contenter des blessures de son corps ou des abandons de sa famille. Laissez-moi la frapper de tuberculose, et elle deviendra comme les autres : coureuse de plaisirs et impure. » Et il avait reçu la permission. Aussi, depuis un an, Germaine s’épuisait, d’âme et de corps. Elle ne ressentait plus la présence de Dieu. Elle assistait à la messe comme une pierre. Et c’est vrai que, habituellement et dans ces circonstances, les pauvres âmes s’abandonnaient au péché, cherchant dans les créatures cette affection dont on a tant besoin. Germaine restait simplement fidèle, récitant vaillamment son chapelet et l’offrant pour les âmes des autres. Partout, dans le village, les filles de son âge étaient mariées et mères. Elle était seule.

 « C’est une reine », pensait le Séraphin, observant dubitatif, cette humilité sans détour. Et dans cette pâture déserte, si les hommes avaient pu voir les choses réelles, ils auraient assisté au défilé ininterrompu des millions de créatures célestes, venant assister et soutenir Germaine au milieu des moutons.

 

 

31 décembre 1600, 24 ans

 

Lucifer se rendit au conseil des amis de Dieu. Il se leva et dit, sûr de son fait :  « Donnez-moi pour elle l’épreuve ultime, celle du désespoir. Elle reniera en face. Personne ne tient l’amour dans le désespoir . »

- Personne, Lucifer ? dit une voix féminine. Es-tu si sûr de toi ?

Cette voix était celle de Blandine. « Ne fus-tu pas bien des fois vaincu par les plus petites des créatures ? Veux-tu prendre le risque ?

- Je le prends », dit posément Lucifer. « Et si elle tombe, chacun saura ici comme sont impossibles les qualités que vous appréciez tant. Je vous le dis une fois de plus : l’humanité est méprisable et le projet de Dieu est impossible. Car les âmes qui sont humbles se complaisent dans le péché,comme des prostituées ; les âmes qui sont aimantes se croient dignes du Ciel et succombent à l’orgueil ; les âmes qui sont vertueuses sont les pires : elles sont dures et fières. Mais elle n’existe pas encore l’âme qui sera à la fois Humble, aimante et vertueuse. [ Sauf l’autre bien sûr ]. Vous tous, vous êtes tombés et vous n’êtes à vos places d’honneur que parce que Dieu n’est pas justice et pardonne. Toi, Blandine, tu étais moins fière quand tu doutas de Dieu dans l’arène face à ton taureau ; à la fin du monde, lorsque chacun verra tout ce que je sais, Dieu devra se montrer juste. Il devra reconnaître son échec !

- Sauf pour Marie, bien sûr, ajouta Blandine.

- Oui, sauf pour l’ « Autre ».Une hirondelle ne fait pas le printemps, admit Lucifer.

Lucifer reçut donc l’autorisation suprême. Et, dès ce jour – là Germaine perdit la foi. Comment est-ce possible ? C’est une épreuve inimaginable que seuls les athées connaissent.

Le Séraphin de Germaine observa son âme : c’était un désert de misère et de solitude. Il guetta chez elle une révolte. Ce ne serait même pas un vrai péché, tant ce qu ’elle vivait était unique. Il se dit : « Elle porte comme Jésus au Jardin des Oliviers. Mais, ce jour-là, j’avais pu apparaître au Messie pour le consoler. ». L’ange repensa à la parole de l’Ecriture : « En vérité je vous le dis, celui qui croit en moi fera, lui aussi les œuvres que je fais ; il en fera même de plus grandes, parce que je vais vers le Père ». 

Le soir, usée, Germaine dit simplement à Dieu : « Jésus, je ne crois plus en toi. Même cela je n’ai pas su te le donner jusqu'au bout. J’accepte d’aller en enfer, pour toujours. Je le mérite et je t’y aimerai. »

 

1er juillet 1601, 24 ans

 

Un matin, Germaine ne fut pas la première levée. On entendit pas le bruit des seaux dans l’étable. Etonnée, sa marâtre dit à son père : « Ta fainéante de fille dort encore. Va donc la réveiller. » Son père la trouva morte sur l’escalier.

Quand le curé du village l’apprit, il eut honte. il se reprocha beaucoup de ne jamais lui avoir parlé durant sa vie. Il se dit : « Ce qu’elle n’a pas eu dans sa vie, je lui donnerai dans sa mort. » Il prit donc une robe blanche de mariée qui lui avait été donnée par une paroissienne. Il l’en fit vêtir. Sa tête, il la fit couronner d’une guirlande d’œillets des champs mêlés d’épis de seigles dorés et gonflés de grains.

Et il fit ouvrir une tombe … dans l’église. On la déposa à même le sol, dans une tenue si belle, digne du jour de sa communion qu’elle ne fit jamais. Et le curé fit pour elle une grande, longue et solennelle messe, en compagnie d’un enfant de chœur, convoqué pour la circonstance. Son père vint, et sa belle-mère et ses sœurs. Car on se souvint, maintenant qu’elle était morte, qu’elle était bonne. On eut réellement du chagrin. Puis on l’oublia.

 

30 juin 1601, minuit

 

C’était Sainte Blandine qui entra doucement dans l’étable. Elle la réveilla sans bruit.

« Germaine, lève-toi, il est l’heure. » Germaine ouvrit les yeux. Elle ne vit d’abord pas bien. Tout était éclairé dans l’étable et les moutons regardaient, pétrifiés de surprise et de paix.

« Il est l’heure. C’est le jour du Seigneur, le jour de colère. » Chuchota Blandine.

Germaine se leva. Elle regarda Sainte Blandine et la reconnut aussitôt mystérieusement, comme une ancienne amie intime qu’on a toujours fréquenté. Elle vit surtout son âme et assista, comme dans un panorama, à la totalité de son martyre. Elle vit son cri de désespoir quand la corne du buffle la blessa, quand ses mains emprisonnées dans le filet ne pouvaient amortir les coups. Elle vit son agonie quand la soldatesque romaine entraîna son corps dans l’arène sous les hurlements de la foule.

« Alors toi aussi tu as perdu la foi ? demanda-t-elle.

- Nous n’avons pas perdu la foi, Germaine, ni toi ni moi. Nous en avions juste perdu l’impression. Mais je vais te présenter quelqu’un d’autre.  Es-tu prête ?

Et Blandine la prit la main et l’emporta, tel un oiseau, vers une lumière qui brillait. Elle pénétra dans la lumière et se trouva tout de suite devant une jeune fille, plus belle, plus douce. Elle vit Marie et comme la première fois, elle assista comme dans un éclair à son martyre. Elle la revit désespérée au pied de la Croix de Jésus.

« Alors toi aussi, maman, tu as perdu la foi ? » demanda-t-elle.

- Germaine, nous avons été tous moulu comme des grains. Aucun de nous n’y a échappé. Mais nous l’avons toujours aimé. Mais je vais te  présenter Quelqu’un d’autre. Es-tu prête ?

Quand Marie dit « Quelqu’un », Germaine compris qu’elle allait voir Dieu, face à face.

C’est alors qu’une voix puissante cria. « Arrêtez tout ! Je vous vois venir ! Je réclame cette âme ! Ah ! vous voulez la faire échapper à la puissance de ma parole ? Vous ne voudriez pas, tout de même, la faire entrer dans la Vision de l’Essence du Tout-Puissant en catimini ? N’ai-je pas reçu le droit inaliénable de lui proposer mon idée du bien ? C’était la voix de Lucifer.

- Lucifer ? Dit un voix féminine. Es-tu si sûr de toi ? Cette voix était celle de Blandine. Ne fus-tu pas bien des fois vaincu, par les plus petites créatures ? Veux-tu prendre le risque ?

-Je le prends ! cria Lucifer. Et cela fut accordé.

Alors il apparut à Germaine sous la forme de sa grande lumière. Il lui fit défiler toute sa vie. Il en trouva, ici ou là, un découragement, une nostalgie pour cette mère non connue. Ce fut pitoyable. Il ne trouvait rien de concret : pas le moindre péché d’impureté ; pas la plus petite vanité ; pas même le vol d’un croûton de pain. Aussi, arrivé à bout d’arguments, il dit à Germaine : « Je t’ai vu réclamer l’enfer éternel. » Le Ciel était scandalisé par cette incroyable et mensongère démonstration de Lucifer. Tout le monde le voyait bien : Germaine était à la fois humble, aimante, et vertueuse. Pas un péché mortel en elle.

Germaine n’eût même pas à se défendre. Car il y eut soudain dans le Ciel une colère si puissante qui résonna jusqu’au bout de l’univers, ébranlant la terre elle-même. Jésus parut et d’un geste, il dévoila à tous l’âme de Germaine. Une merveille. Quelque chose d’indescriptible de souffrances offertes, d’absence de regard sur soi, de perpétuelle attention aux autres. Jésus ne put se contenir devant tous les gens de sa suite et s’écria : « Faites sortir ce démon d’ici ! » ; et Lucifer s’évanouit comme la honte, dans la grandeur d’une défaite rare. Jésus se fit connaître à Germaine, et il pleura tout haut et tout l’univers l’entendit, et la nouvelle parvint au palais de la Trinité.

Jamais depuis Marie, on ne vit personne entrer si vite dans le jardin éternel de Dieu.

« Il est l’heure. C’est le jour du Seigneur,le jour de la colère » répétait Sainte Blandine.

 

28 décembre 1644, fête des Saints Innocents

 

Le bruit de cette colère de Dieu fit, dis-je le tour de l’Univers. Sur terre, il produisit un terrible séisme dont on se souvient encore.

En 1644, soit quarante-trois années plus tard, tout le monde avait oublié la petite bergère, ou presque. Ce jour-là, le fossoyeur Guillaume Cassé, aidé de Gaillard Baron, creusa une fosse dans l’église de Pibrac pour ensevelir Germaine Andouane, laquelle avait formulé le vœu d’y être enterrée. A peine avaient-ils commencé à creuser le sol qu’ils découvrirent le corps d’une jeune fille, un corps en parfait état de conservation. Sa tête était couronnée d’une guirlande d’œillets des champs mêlées d’épis de seigle, ces détails nous permettent de situer sa mort vers le mois de juin : les fleurs n’avaient pas perdu de leur éclat et les épis étaient encore dorés et gonflés de grains. Le premier coup de pioche malencontreux avait atteint l’aile du nez ; la blessure avait tout l’aspect de la chair vivante. Aucune des personnes présentes à cette heure matinale ne la connaissait. Mais les nouvelles allèrent vite et bientôt tout ce que compte le village accourut vers l’église ; seuls les anciens furent en mesure d’identifier le corps : « C’est Germaine Cousin,dirent-ils, qui était manchote et atteinte de la maladie des écrouelles » ; en effet, le cou portait des cicatrices, la main était infirme. Ceux de son âge avaient maintenant 65 ou 70 ans, un âge avancé pour l’époque.

Et à partir de ce moment, les miracles ne cessèrent de se multiplier. Le 5 mai 1853, l’authenticité des miracles fut solennellement proclamée et, le 7 mai 1854 le décret de béatification fut publié en la Basilique de St Jean de Latran à Rome. Enfin, le 29 juin 1867, jour du dix-huitième centenaire du martyre de St Pierre et St Paul, fut célébrée à Rome la canonisation de Sainte Germaine.

L’Eglise l’a déclaré sainte en reconnaissant qu’elle a su aimer Dieu et ceux qui vivaient auprès d’elle jusqu’à l’héroïsme. Orpheline, malade, pauvre, maltraitée par ses proches, elle est la sainte de tous ceux qui souffrent et que la vie malmène d’une manière ou d’une autre ? Sainte Germaine a été proclamée la patronne des faibles, des malades, des déshérités.